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Théologie systématique*
 par Wolfhart Pannenberg
 Traduit sous la direction d’Olivier Riaudel,
 Paris, Cerf, 2008, Cogitatio Fidei, 587 p.
 
 Remontant à l’année 1988, ce premier tome de la Théologie systématique de Wolfhart Pannenberg, trilogie de plus de mille sept cents pages (les tomes 2 et 3 ont été publiés en 1991 et 1993) est enfin traduit en français, par les bons soins d’Olivier Riaudel.

Consacré à la théo-logie proprement dite, ce volume se subdivise en six chapitres : 1) la vérité de la doctrine chrétienne, sujet de la théologie systématique ; 2) l’idée de Dieu et la question de la vérité ; 3) la réalité de Dieu et des dieux dans l’expérience des religions ; 4) la révélation de Dieu ; 5) le Dieu trinitaire ; 6) l’unité de l’essence divine et ses attributs. C’est une démarche qui porte la marque des choix systématiques de Pannenberg depuis ses premiers travaux à la fin des années 50 et du tout début des années 60, travaux qui culminèrent dans l’Esquisse d’une christologie (1964, déjà traduite au Cerf en 1971, puis en 1999 avec une posftace importante pour saisir l’évolution de l’auteur).

La Théologie systématique représente sans aucun doute l’expression la plus achevée de la pensée d’un auteur parvenu à maturité. Elle repose sur le principe de l’anticipation, qui était déjà au centre de l’Esquisse d’une christologie de 1964. Les parties les plus neuves du tome 1 concernent les clarifications touchant la différence entre la connaissance naturelle de Dieu et le débat sur la théologie naturelle et le lien établi, entre la question de Dieu, sa dimension rationnelle, son expérience religieuse et la notion même de révélation. Pannenberg estime impossible de passer directement de la question de la vérité et de la question de Dieu à l’affirmation de la révélation de Dieu, et spécifiquement du Dieu trinitaire, sans la médiation de l’expérience plurielle et contradictoires des religions.

Dans l’ensemble, la traduction de ce volume est de bonne qualité. A noter toutefois un contre-sens au sujet du barthisme (p. 296) ; le sens exact de l’original (« Barthianismus », p. 249) vise bien les barthiens, ou l’école barthienne, et non les « études barthiennes ». On regrettera par ailleurs l’absence d’un index des concepts, présents dans l’édition allemande, et qui semble indispensable pour permettre une circulation plus efficace dans la construction intellectuelle de la démarche. Espérons que la traduction des 3 tomes fournira un tel outil.
 
 Denis Müller
 
 Choisir, septembre 2009

 
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