


Chrétiens penseurs du social
Après le Concile après « 68 » (1968-1988)
par Jean-Yves Calvez
Cerf, Paris 2008, 286 p.
Ce troisième livre de la série présente les pensées sociales chrétiennes d’entre le Concile et l’effondrement communiste. La proximité de ce passé récent rend difficile l’émergence de grandes figures qui feraient le poids face aux Lubac, Maritain, Mounier, Congar d’autrefois ; l’auteur choisit donc avec bon sens des courants de pensée autant que des individus.
Les débats de l’époque -esprit conciliaire oblige- interrogent marxisme et libéralisme. La théologie de la libération et la théologie politique allemande y ont aussi tout naturellement leurs places. La complexité de ces discussions est bien manifestée, ce qui honore le sérieux du travail sans rendre malheureusement la lecture très facile.
Est exemplaire la présentation de la pensée du Frère Dominicain Marie-Dominique Chenu qui a souligné la dimension idéologique des anciennes versions de la doctrine sociale de l’Église, trop peu appuyées sur l’Écriture relue par l’expérience. Inversement, très éclairant pour aujourd’hui est aussi le chapitre sur Comunione e Liberazione. Ce mouvement italien, symptomatique d’une transition vers la sensibilité d’aujourd’hui, s’appuie non plus sur un corpus d’idées fondées sur le Droit naturel, mais sur la riche expérience personnelle que chacun entretient avec le monde contemporain.
Etienne Perrot
Choisir, septembre 2009