


Babitchka
par Bozĕna Němcová
Zoé, Carouge2008, 311 p.
Oyez, Oyez bonnes gens, l’histoire de Babitchka ! Laissez- vous entraîner dans la lecture de ce livre, même si votre cœur doit en souffrir, à l’écoute de la terrible histoire de Viktorka, laissez-vous entraîner par une grand-mère si peu ordinaire qui vous fera découvrir ce qu’était la campagne au nord-est de la Bohême, au cours du XIXème siècle, quand les médecins vivaient à une demi-journée de voyage et que les « simples » les remplaçaient tant bien que mal. Un groupe d’enfants, une jeune comtesse, vous feront découvrir à leur façon la vie des fourmis.
Savez-vous que les moucherons de la Saint-Jean sont de petites étoiles vivantes appelées lucioles ? Que ce jour-là les jeunes filles se font des couronnes de fleurs et rêvent de voir en songe celui qui plairait à leur âme ? C’était un temps où les villageois faisaient chaque année le pèlerinage à la source magique, où ils faisaient sanctifier rosaires, images saintes ou autres reliques. Un temps où, tout en « pérégrinant, » on se racontait des histoires d’autrefois, comme celle de cette jeune fille aimée de deux hommes qui s’entretuèrent et finirent par l’assassiner de jalousie. Prennent part à ces pèlerinages des jeunes gars qui jouent de la trompette ou du pipeau, des jeunes filles portant des paniers, des images, des cœurs en pains d’épices, des vieux, des moins vieux, toute une population heureuse de se retrouver. Un monde définitivement révolu qui nous fait un brin rêver.
Après la Saint-Martin, c’est la neige qui rend le monde heureux, puis les chants de l’Avent alternant avec les contes lors des longues soirées d’hiver. Les saisons se succèdent et la grand-mère bien-aimée ( aujourd’hui une des pierres fondatrices de la littérature tchèque) s’affaiblit et un jour, la flamme de la vie s’éteint… On ouvre alors la fenêtre afin que son âme puisse s’envoler librement…
C’était un autre temps…un temps qu’il est bon de retrouver au fil des pages de ce livre charmant .
Marie-Luce Dayer
Choisir, septembre 2009