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Ces crises qui nous font naître
 Jonas, Mefibosheth, Elie et les filles de Tselofhad
 par Thérèse Glardon
 Labor et Fides, Genève 2009, 194 p.
 
 Ce livre est un vrai bijou ! L’autrice, qui a étudié l’hébreu à Bordeaux, Paris et Jérusalem, a été maître d’enseignement à la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne et a aussi suivi une formation en psychologie et à l’intégration psycho-spirituelle.

Partant d’une réflexion que bon nombre de personnes se font : « Je sors de mes problèmes, mais n’y a-t-il rien de plus dans l’existence que la recherche d’un équilibre de vie ? », elle se propose d’aborder la spiritualité non pas théoriquement mais à partir de ses manifestations, de manière phénoménologique. Une spiritualité accessible, mais non pas simpliste, assez forte pour nous propulser dans la vie et la Vie.

Thérèse Glardon va nous inviter à quatre voyages, qui seront loin d’être ordinaires. Nous suivrons Jonas et ses retournements, pleins de cascades et de rebondissements. Jonas fâché qui finira par entrer dans la compassion de son Dieu. Puis, ce sera le fabuleux destin du petit-fils de Saül, ce roi qui s’est suicidé. Un jeune homme gravement handicapé qui végète comme un réfugié clandestin, loin de la capitale, dans un no man’s land. Dans la culture de l’époque, l’apparence physique était de haute importance. Surtout pour un candidat au trône. L’autrice, en fine psychologue, sait nous conduire grâce à ce héros au plus profond de notre être. Son histoire rejoint la nôtre… car ne sommes-nous pas tous plus ou moins des blessés de la confiance, de ceux que, d’une manière ou d’une autre, on a un jour laissés tomber, oubliés, ignorés… Avec Mefibosheth (le nom du petit-fils de Saül), nous sommes invités à accueillir notre fragilité et à réaliser que, déjà dans l’Ancien Testament, Dieu portait un grand intérêt aux handicapés. Et l’autrice de nous confier que c’est pour cette raison qu’elle a écrit ce texte.

Puis, nous découvrons les filles de Tselofhad… Cinq femmes orphelines et célibataires qui réclament et obtiennent de Moïse et de Dieu, une place au soleil et un droit à la terre. Elles vivaient dans un temps très lointain et pourtant on a l’impression qu’elles nous tendent la main, comme pour continuer la chaîne des femmes de foi qui ont permis la naissance de réalités nouvelles.

Le quatrième héros, c’est Elie, que nous connaissons mieux. Mais Thérèse Glardon va encore nous surprendre. Je vous laisse la joie de vous étonner.
 
 Marie-Luce Dayer
 
 (choisir, février 2010)

 
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