


Une foi en transhumance
par Jean Rigal
Desclée de Brouwer, Paris 2009, 264 p.
Professeur d’ecclésiologie pendant 25 ans à l’Université de Toulouse, animateur de multiples sessions, auteur de nombreux ouvrages postulant que la foi chrétienne est toujours située dans le temps et dans l’espace, Jean Rigal se demande ce qu’elle devient lorsqu’elle est confrontée aux nouvelles cultures.
D’abord, nous dit-il, le christianisme n’est pas un enseignement, une sagesse ou un programme d’action, c’est quelqu’un. Ce quelqu’un nous révèle un Dieu qui est dans son être même une relation amoureuse. Et ce quelqu’un ne doit pas être confondu avec le christianisme.
Fort de cette conviction, il va s’appliquer à analyser un éventuel déclin de ce christianisme, une fois confronté aux nouvelles cultures, à de nouvelles croyances et à de nouvelles sensibilités. Il nous parle avec force de la foi en la résurrection des morts, du Symbole de Nicée Constantinople et de celui de Vatican II, pour conclure, au terme de ce long parcours, par une évidence : « La foi chrétienne introduit sur une route inconnue, jalonnée d’étapes où flux et reflux se succèdent comme les mouvements de la mer au pied d’une falaise. »
Faisant siens les mots d’Henri Marron, ancien professeur à la Sorbonne, il nous met en garde : « On n’a pas le droit d’idéaliser le passé, d’imaginer qu’il y eut jamais un temps où il était facile de croire… »
En guise d’au revoir, l’auteur nous offre deux prières, l’une de saint Augustin, l’autre de son cru, pleine de tendresse et de délicatesse.
Marie-Luce Dayer
(choisir, février 2010)