


Prédication : un langage qui sonne juste
Pour un renouvellement poétique de l’homélie,
à partir des réflexions littéraires de la poétesse Hilde Domin
par F. Loretan-Saladin, F.-X. Amherdt
Saint Augustin, St-Maurice 2009, 224 p.
Un admirateur demanda un jour à Jacques Prévert : « Où trouvez-vous vos idées ? » Réponse : « On ne fait pas de la poésie avec des idées, mais avec des mots. » Cet ouvrage honore parfaitement le propos. Quel que soit celui ou celle qui la prononce, l’homélie est une affaire de mots ou, plus précisément, comme le montre Franziska Loretan-Saladin, de langage poétique (même s’il n’est pas que ça).
S’appuyant sur la poésie de Hilde Domin, la démonstration s’organise autour de la « précision indéterminée ». Il s’agit, en effet, de laisser jouer suffisamment le langage pour lui permettre d’accueillir le questionnement et les sentiments des auditeurs. Les exemples de prédication fournis à la fin de l’ouvrage (cinq prédications données durant la Semaine sainte en 2004) sont assez convaincants.
Ce livre ne contient aucune recette ; il s’agit d’une réflexion théorique sur la pratique homilétique. Mais de cette réflexion naît une exigence d’attention non seulement à l’auditoire, mais aussi au langage. Par cette double attention, peut se réaliser le désir de tout prédicateur : croire ce qu’il lit, pour dire ce qu’il a cru et vivre (telle est la vraie poésie) ce qu’il a dit.
Etienne Perrot
(choisir, février 2010)