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Où va-t-on après la mort ?
 Le discours protestant sur l’au-delà XVIe-XVIIIe siècles
 par Liliane Crété
 Labor et Fides, Genève 2009, 224 p.
 
 C’est à une analyse de la littérature et de la philosophie sur les grandes questions existentielles de la chrétienté, du XVIe au XVIIIe siècle, que se livre Liliane Crété, théologienne et docteur en littérature anglo-américaine. Elle se plonge dans la vision protestante de Dieu, illustrée par exemple par l’œuvre d’Agrippa d’Aubigné sur la geste huguenote, œuvre qui résume la doctrine réformée du salut par la foi seule, qu’il oppose aux mensonges des théoriciens papistes. Pour les protestants, le sort des hommes après la mort est lié à leur conception de la rédemption du péché. Rien ne leur étant dû, ils n’ont donc rien à revendiquer, puisque sauvés par la grâce. Leur seule obligation : croire.

L’originalité de ce livre se lit à travers son regard sur les grandes œuvres de la littérature anglo-saxonne habitées ou directement inspirées du récit biblique, comme le grand John Milton et son Paradise Lost. Une littérature empreinte d’esprit visionnaire et de fantastique, que ce soit face à l’au-delà, à la fin du monde ou dans sa description de l’Enfer, des démons et de la figure du Mal. L’autrice rappelle la richesse de cette littérature, principalement au cours du grand Réveil, au XVIIIe siècle, dans les pays anglo-saxons.

Avec les Lumières, amorçant la modernité, tournant majeur dans le protestantisme du XVIIIe, l’autrice explique comment le dur concept calviniste est abandonné par les pasteurs du XIXe siècle, comme l’avaient fait Milton, Locke, Wesley et d’autres au nom d’un Dieu plus miséricordieux. Le libre arbitre est rendu à l’homme. Les notions de mal et de péché susciteront des réponses très variées chez les penseurs protestants du XXe siècle. Un livre très dense, mais manquant peut-être de synthèse.
 
 Valérie Bory
 
 (choisir, février 2010)

 
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