jeudi, 01 septembre 2011 16:06

Le christianisme est-il misogyne ?

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Le christianisme est-il misogyne ? 
Place et rôle de la femme dans les Eglises
par Joseph Famerée (éd.)
Lumen Vitae, Louvain 2010, 124 p.

C'est un lieu commun de constater que la place de la femme dans les sociétés humaines a considérablement évolué depuis plus de cent ans. Mais les Eglises chrétiennes, particulièrement l'Eglise catholique, ont-elle suffisamment pris en compte cette évolution ? La tendance à l'androcentrisme ne perdure-t-elle pas ? Interrogation qui a suscité un cycle de conférences à la Faculté de théologie catholique de Louvain-la-Neuve, et dont le texte est offert au lecteur.

Tout d'abord, Elisabeth Parmentier, théologienne protestante, examine l'impact actuel des théologies féministes dans nos Eglises. Si un féminisme encore actif se manifeste, on le trouve plutôt dans les disciplines littéraires, historiques et sociologiques que dans le domaine théologique. Car les Eglises, le plus souvent, furent peu réceptives aux réflexions des théologiennes féministes, pionnières dans leur domaine religieux et pastoral.

L'historienne Marie-Elisabeth Henneau, de l'Université de Liège, brosse ensuite un tableau historique fort instructif sur le combat des femmes depuis la fin du XIXe siècle, et constate une progression lente et difficile dans des rapports plus équitables entre homme et femme. Anne-Marie Reijnen, professeur à Bruxelles, s'attelle pour sa part à démasquer les privilèges attribués aux hommes, aussi bien sur le plan culturel que religieux. Lorsque l'on parle, par exemple, de la masculinité du Christ, impliquant que seuls les hommes peuvent le suivre dans le sacerdoce ordonné, elle s'interroge sur le mystère de l'Incarnation : le Christ n'a-t-il pas recouvert notre nature humaine comprenant le masculin et le féminin ?

Enfin, Joseph Famerée revisite les théories d'Augustin est de saint Thomas sur la création de l'homme et de la femme. Ces maîtres de la chrétienté affirment que la femme est l'aide de l'homme pour la « génération » et lui est « subordonnée ». J. Famerée invite ses lecteurs à débusquer toute forme d'androcentrisme encore régnante. Il œuvre, avec dynamisme, comme les trois autres intervenantes, à promouvoir un « partenariat » ecclésial, de plus en plus existentiel, entre hommes et femmes.

Monique Desthieux

(choisir, février 2011)

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