mercredi, 21 octobre 2015 09:20

Réveil et christianisme social

Écrit par

Elie Gounelle et Henri Nick
Réveil et christianisme social
Correspondance 1886-1897
Genève, Labor et Fides 2013, 406 p.

Cette correspondance est éditée avec une introduction copieuse et des notes très riches de Christophe Chalamet et Grégoire Humbert, et avec une préface de l’historien Patrick Cabanel qui souligne l’importance de cette parution pour mieux connaître l’histoire du protestantisme français.

Etudiants à la Faculté de théologie de Montauban, quelques jeunes pasteurs forment un groupe d’amis. Grâce à l’échange de lettres entre Gounelle et Nick, mais aussi aux circulaires adressées à tout le groupe, nous suivons leurs premier pas et leurs engagements dans une Eglise confrontée à l’intérieur à des divisions doctrinales entre libéraux et orthodoxes, et à l’extérieur à une société gagnée par l’agnos ticisme. 
Pour ces jeunes pasteurs, le christianisme a besoin d’être rajeuni. Leur effort va porter sur un réveil spirituel, qu’ils mettront en oeuvre à travers des conférences et des campagnes d’évangélisation. 
Ils comptent les conversions, espérées aussi chez certains collègues ! La conversion doit aussi avoir un aspect social et s’inscrire dans une vision qui dépasse l’observation triste et pessimiste du monde parce que fondée dans l’espérance du Royaume de Dieu. 
Voilà l’activité quotidienne à laquelle s’adonnent les deux amis, l’intellectuel et le charismatique, s’appuyant l’un sur l’autre et se réaffirmant dans chaque courrier combien leur amitié, en constant approfondissement, leur est précieuse. Ils acceptent de quitter les Cévennes pour pratiquer leur ministère à Roubaix et à Lille, des villes industrielles du Nord. Ils sont critiques à l’égard du mouvement ouvrier athée et s’engagent dans la lutte contre l’alcoolis me, la prostitution, le paupérisme et la guer re, ce qu’un de leurs amis, Wilfred Monod, nomme « l’évangélisation socialiste ». 
Les deux amis, mais surtout Gounelle, ont publié régulièrement, notamment dans la Revue du christianisme social. Leur correspondance passe du détail quotidien aux réflexions d’envergure ; on y croise quantité de personnages qui ont fait l’histoire du protestantisme de l’époque.

Lu 381 fois