jeudi, 22 octobre 2015 12:57

Martin Luther

Écrit par

Heinz Schilling
Martin Luther
Rebelle dans un temps de rupture
Paris, Salvator 2014, 704 p.

Encore un monument d’érudition, très agréablement traduit par Jean-Louis Schlegel, qui paraît chez l’éditeur catholique Salvator. L’approche du 500e anniversaire du début de la Réforme incite de toute part à éclairer les esprits sur les conditions précises et les circonstances historiques de ce tournant dans l’histoire de la culture européenne. Mais aussi, comme avec cet ouvrage, sur la personnalité du grand réformateur allemand Martin Luther. 
Je me contrains ici à retenir deux choses que ne connaissent en général que les spécialistes. Premièrement, le fait que Johann
von Staupitz, confesseur et ami du jeune moine augustinien, avait largement cultivé dans l’esprit et le coeur du jeune Martin l’amour de l’Evangile et la culture proprement biblique du jeune théologien ; puis qu’il lui avait enseigné un Christ libérateur et non pas angoissant. 
Deuxièmement, les circonstances précises qui marquent la rupture de Luther avec l’Eglise, ou plus exactement la perception de la papauté comme l’Antéchrist. A partir du début de l’année 1520, précise Schilling, Luther a exercé une véritable fonction prophétique, qui marquera sa pensée et son action jusqu’à la fin de sa vie. « Plus il allait dans sa conviction que le pape et son Eglise étaient non évangéliques (c’est-à-dire pas conformes à l’Evangile) et antichrétiennes (oeuvres de l’Antéchrist), plus Luther se voyait dans un rôle doublement prophétique : héraut de la théologie évangélique de la grâce, et vigie contre l’Antéchrist assis sur le prétendu siège de Pierre, et contre les défigurations de l’Eglise du Christ qui étouffaient le salut. » 
Ainsi, c’est bien dans ces trois ans - entre 1517 et 1520 - que se joue le destin de la chrétienté d’Occident. Ce sont ces trois années qu’il faut éclairer de l’intérieur de l’âme et de la conscience du moine-théologien Martin Luder, devenu Martin Luther, pour comprendre ce qui permet de ne pas désespérer de retrouver un jour les voies bénies de l’Unité.

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