jeudi, 22 octobre 2015 13:01

La fourmi n’est pas prêteuse

Écrit par

Paul Clavier
La fourmi n’est pas prêteuse
Conversations impertinentes sur l’argent
Préface de Gaël Giroud
Paris, Salvator 2015, 144 p.

Sur un ton faussement enjoué, les conversations imaginées entre le banquier Yvan Desprez (sic) et sa stagiaire Preta Tozzero (sic) abordent de sérieux problèmes de société : la nécessaire frugalité à laquelle la planète est condamnée sous peine d’explosions écologiques et sociales, le crédit gratuit, la création de monnaie de crédit. Le rôle de la finance y est reconnu du bout des lèvres. 
Aux yeux de l’auteur, face aux dérives évidentes, la nécessaire régulation financière appelle le monopole de création monétaire par la banque centrale ; ce qui donne un pouvoir sans contrepartie aux gestionnaires publics qui n’auront jamais à supporter personnellement les conséquences immédiates de leurs décisions. 
Cherchant un appui douteux dans les religions monothéistes, l’auteur milite également pour la suppression du taux d’intérêt, oubliant qu’un camion aujourd’hui et le même camion demain ne sont pas le même objet économique. Une lecture plus attentive de la lettre de Jean Calvin au banquier Claude de Sachin lui aurait permis d’argumenter son propos d’une manière plus rigoureuse. 
L’économiste anglais Lord Keynes défendait avant-guerre le rôle positif de la cigale ; Paul Clavier défend ici celui de la fourmi. Tous les deux ont raison… tant qu’ils ne précisent pas les très strictes conditions de validité de leur théorie.

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