jeudi, 22 octobre 2015 13:19

Le visage et la tendresse de Dieu

Écrit par

Jean Zumstein
Le visage et la tendresse de Dieu
Jésus sous le regard de Jean l'évangéliste
Bière, Cabédita, 2014, 88 p.

L'évangile de Jean peut être qualifié "d'Ecriture en mouvement" tant ce travail d'écriture a été conduit en plusieurs étapes. Sa formulation suscite question, objections et demande d'approfondissement. L'auteur souhaite que son étude ouvre un chemin à travers cet évangile si riche et si complexe et que le lecteur découvre le visage de Dieu et la vie en plénitude qu'il offre.
De Cana à Nicodème, à la Samaritaine à qui il fait une réponse révolutionnaire, à travers les rencontres ou les miracles, Jésus révèle son autorité souveraine, une autorité positive, au service de la vie. Mais après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, il est jugé coupable de blasphème et il répond par un long discours où il montre que sa prétendue égalité avec Dieu n'est pas blasphématoire mais affirme au contraire son égalité avec Lui. C'est pour les accusateurs une prétention inouïe qui le conduira à la mort.
Au chapitre 6, Jésus se révèle comme le pain de vie et la foule veut le saisir pour en faire un roi (souverain idéal assurant la prospérité matérielle).
Les chapitres 7 à 10 racontent le 3ème séjour de Jésus à Jérusalem et les nombreux affrontements qu'il suscitera. Au chapitre 11, en ramenant Lazare à la vie et déclarant "Je suis la résurrection et la vie" il va être confronté à un Caïphe qui opère un froid calcul politique. Comme on le sait, il propose de sacrifier ce Jésus afin d'éviter tout tumulte à l'approche de la Pâque.
Chapitre 12 : entrée à Jérusalem... l'heure est venue. Chez Jean, pas de Gethsémani car boire la coupe n'est pas n'est pas une épreuve mais la justification même de la venue du Fils. Chapitre 13 : le lavement des pieds. Acte d'humilité. Dans le discours d'adieu, il met en place les dispositions qui permettront de poursuivre son oeuvre. Il y aura un second discours d'adieu pour reprendre des questions laissées ouvertes dans le premier. La prière d'adieu évoque la fin des temps et la relation infrangible qui existe entre Jésus et les siens et qui leur permettra d'affronter le monde.
Chez Jean, lors de l'arrestation, pas de mêlée confuse mais un Jésus souverain qui s'avance à la rencontre de ses Adversaires. Puis, il y aura le procès devant Pilate, se caractérisant par une construction particulière de l'espace. A l'extérieur : celui des ténèbres, à l'intérieur celui de la lumière où Jésus prononce ses ultimes paroles de révélation, il est roi, manifestant l'autorité de Dieu sur le monde.
Chez Jean, sur le chemin du calvaire, Jésus n'a pas besoin de Simon de Cyrène, il porte sa croix en toute liberté et confiera sa mère à son disciple. Pour l'évangéliste, les dernières paroles du Christ mettent un point final à la révélation qu'il a apportée et lui donne sa signification ultime.

Après la résurrection, 4 scènes : Marie trouve la tombe ouverte et Jésus l'appelle par son nom, l'invitant à apporter le message aux disciples. Ceux-ci enfermés, voient leur Seigneur et enfin Thomas, absent, sera invité à croire... Pour les générations futures, peut-on croire sans voir ? Il y aura encore la pêche miraculeuse, les 3 questions à Pierre « m'aimes-tu ? « A côté de Pierre, se tient le disciple bien-aimé et l'interprète du Christ incarné.
En posant sa plume l'auteur rappelle les limites de son entreprise... Il n'a pas tout raconté car la vie du Christ est inépuisable.

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