mardi, 27 octobre 2015 14:23

Le soin du monde

Écrit par

Claire-Anne Baudin
Le soin du monde
Accompagner la vie des autres
Namur, Lessius 2014, 144 p.

Le préfacier - Paul Legave sj - relève que ce livre d’observation et de grande maturité, à l’écoute de la vie qui se donne, s’avère aussi un ouvrage de théologie spirituelle : la justesse anthropologique fraie un chemin vers Dieu. 
L’auteure, mariée, mère de quatre enfants, a travaillé en milieu hospitalier, puis est devenue institutrice. Elle enseigne aujourd’hui la théologie à l’Institut catholique de Paris. Son livre est le fruit d’un travail patient d’intégration, d’expériences de vie, les siennes et celles d’autrui. Paru initialement en 2008, épuisé, il est réédité avec quelques corrections et deux chapitres sup plémentaires. Quatorze chapitres et une conclusion qui se lisent avec émotion et intérêt. 
Entrons en lecture à l’invitation de Gn 1 : à vous d’être féconds et multiples... Les temps à venir nous sont donc remis. Nous avons la responsabilité des choix effectués et de leur mise en oeuvre. Invitation à la contemplation et au discernement… L’auteu re désire montrer qu’il y a lieu de s’arrêter sur des situations même brèves, pour voir ce qui réside en elles, ce qui vit en nous et en l’autre. Mais ... ne risquonsnous pas d’en faire trop ou pas assez ? De choisir en fonction de nos propres critères et non en faveur de la vie, de ce que nous protégeons ? 
Enfants refusant de faire la sieste, partenaires impatients, vieilles personnes alitées, pauvres sur les chemins, soli tude, adolescents en crise, secrets à ac cueillir et à garder, surcharge de travail et exigences… Rien n’est anodin, même si la répétition des gestes peut le laisser croire. Le soignant doit se poser la question du caractère supportable du soin et oser parfois soumettre cette question à celui qui en bénéficie. 
Notre Dieu ne nous sort pas de force de notre contexte, en le niant ou en proclamant la paix du monde alors que nous en voyons les déchirures ! Il nous assiste et nous aide, nous qui portons les blessures de nos jours et celles des générations passées. Le jardin, notre jardin, n’est pas celui que nous plantons nous-mêmes, il est conçu par l’Ami, et si nous y entrons, c’est sur son invitation. Chacun à son heure ... les fiançailles sont devant nous et seuls ceux qui espèrent peuvent espérer. Es sayons de transformer l’obscurité en en fan tement, de faire naître l’espérance autour de nous et en nous, de faire confiance, d’accepter le soutien de l’autre. 
Un très beau livre qui, comme dit plus haut, est d’une grande maturité, à l’écoute de la vie qui se donne.

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