mardi, 27 octobre 2015 14:28

La mort, un temps à vivre

Écrit par

Académie d’éducation et d’études sociales
La mort, un temps à vivre
Paris, François-Xavier de Guibert 2015,
248 p.

La mort, c’est pour les autres… La formule est bien connue. D’ailleurs, les médias se montrent friands d’un tel thème, développant leurs commentaires sur les victimes des attentats, des tremblements de terre, des accidents, bref sur les « faits divers ». Toutefois, reconnaissons-le, la même presse aborde, et ceci de manière plus circonspecte, une gamme de questions éthiques à propos de l’accompagnement en fin de la vie, des suicides, des soins palliatifs, de la sédation profonde et continue. L’ouvrage, dont le titre suggère une tonalité particulière - La mort, un temps à vivre -, rassemble diverses interventions qui ont été proposées lors de journées organisées en 2014 par l’Académie d’éducation et d’études sociales. Celle-ci se donne pour objet d’étudier les questions sociales dans un esprit conforme à la tradition hu maniste chrétienne. 
L’un des intérêts de ce recueil d’exposés tient principalement à la diversité des personnalités du monde politique, économique, social, universitaire et religieux qui ont pris le soin et le temps de s’exprimer sur le déni ou la fascination de la mort, sur la limitation ou l’arrêt des thérapies actives. 
Le lecteur retiendra, entre autres, l’approche de large ouverture de Didier Sicard, ancien chef de médecine interne à l’Hôpital Cochin (France) et qui fut président (1999-2007) du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé de France. Dans l’esprit de la loi dite Leonetti (2005), et en excellent connaisseur de la situation médicale en Suisse, notamment au CHUV de Lausanne, il insiste à juste titre sur l’importance de la solidarité, une valorisation de la relation à l’autre, spécialement en ces circonstances. Ceux et celles qui accompagnent, professionnellement ou bénévolement, des personnes en fin de vie tireront profit de la mul tiplicité d’interrogations qui le plus souvent sont laissées de côté, comme le regard de celui qui part sur ceux qui restent…

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