vendredi, 06 novembre 2015 10:17

Sauver la création

Écrit par

Observatoire foi et culture de la Conférence des évêques de France
Sauver la création
Ecologie enjeu spirituel
Paris, Parole et Silence 2015, 156 p.

Si ce petit livre est passionnant, ce n’est pas en raison des contributions, inégales, qu’il contient (prononcées lors d’un colloque patronné par la Conférence des évêques de France). Non, ce qui ravit, c’est qu’il fait prendre conscience de cette nouveauté : désormais, il y a aussi des chrétiens en première ligne du combat pour la sauvegarde de la « maison commune », comme le dit l’encyclique Laudato Si’. Un tel positionnement constitue en soi une bonne surprise. Ne disait-on pas avec l’historienne Lynn White que le christianisme était responsable de la crise écologique ? Les catholiques ne se préoccupaient-ils pas davantage de croissance que de préservation des équilibres naturels ? Eh bien, le livre montre que les choses ont changé - c’est heureux, à la veille de la Conférence mondiale de Paris sur le climat (COP21).
D’un côté, il y a aujourd’hui des chrétiens qui, révisant leur théologie de la création et du salut, ne considèrent plus la Génèse (Gn 1,26) comme un permis d’exploiter la nature à tous crins et qui appellent à une « conversion à l’écologie » ; il y en a même qui militent pour cette cause, comme les membres du mouvement « Chrétiens, changeons ! ». De l’autre, il y a des écologistes de premier rang, comme Thierry Jaccaud, qui défendent l’« attachement » à un « donné naturel » et l’existence de limites impératives, rejoignant ainsi l’approche traditionnelle catholique. On comprend que lors du colloque Jean-Marie Pelt ait pu s’ex clamer : « Ce que j’ai ressenti si fort aujourd’hui, c’est la sublime beauté du christianisme. »

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