vendredi, 06 novembre 2015 10:21

Vers le bien commun

Écrit par

Pierre Coulange
Vers le bien commun
Paris, Parole et Silence 2014, 250 p.

A la fois économiste et théologien, l’auteur est bien outillé pour expliciter la notion du bien commun. Ce dernier, s’il donne sa légitimité à l’exercice du pouvoir, particulièrement d’Etat, résulte avant tout de l’orientation que chacun donne à sa participation à la vie de la communauté : le « bien commun est l’affaire de tous » et chacun se doit de participer, s’il veut réaliser sa promesse d’hu manité, « au bien commun des autres ». Ainsi, lorsque « l’homme se fait (...) moteur dans son milieu, même s’il se trouve au bas de la hiérarchie sociale (...) en même temps, il se construit et se réalise, (...) devient anthropologiquement et profondément humain. » En poursuivant le bien de tous, il acquiert du coup aussi son bien propre. 
Ce principe est en connexion étroite avec ceux de subsidiarité (la fonction supplétive de toute collectivité) et de solidarité ; il s’inscrit dans la valeur inaliénable qu’est la dignité de la personne et comporte le souci des plus démunis et la « justice des rémunérations ». 
L’auteur insiste sur la contribution de l’économie, car « c’est par le travail que les hommes se mettent au service les uns des autres même si leur motivation est maté rielle ». La rentabilité est une nécessité pour l’entreprise, mais celle-ci doit s’inscrire dans une utilité sociale et une éthique du quotidien : « Il y a une manière morale de se comporter en économie. » Aujourd’hui, « la quête du bien commun passe (...) par la préservation de la planète et le souci écologique ». 
Défini comme l’aspiration naturelle de l’homme à une authentique humanité, le bien commun ne vient cependant pas de surcroît, et les situations d’injustice et de né gation de la personne nous montrent que l’humain reste « capable du meilleur et du pire ». C’est l’élan intérieur au dépassement de soi-même qu’il s’agit d’éveiller, car « tous les hommes sans exception sont appelés à une même vocation divine, qu’ils en aient conscience ou pas ».

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