mardi, 10 novembre 2015 09:36

Le pape Jean, un saint

Écrit par

Marco Roncalli
Le pape Jean, un saint
Mon grand-oncle
Paris, Parole et Silence 2014, 212 p.

Dans un de ses petits carnets personnels, Jean XXIII écrivait : « Puisque partout on m’appelle Saint-Père comme si c’était mon premier titre, eh ! bien je dois et veux l’être pour de vrai. » Et... il y est parvenu ! Le 27 avril 2014, il a été sanctifié par le pape François. A sa mort, le monde fut conscient qu’après avoir appris à ses fidèles à vivre, il leur avait enseigné à mourir. Son lit de douleur fut transformé en autel et un jeune musulman envoya une lettre dans laquelle il confiait avoir jeûné et prié pour cet homme que Dieu avait envoyé au monde. Son petit-neveu, auteur de ce livre, détaille ce que furent ses premiers jours en tant que pape, puis les mois et les années qui suivirent.
Appelé au sacerdoce dès son enfance, Roncalli, né en 1881, quatrième enfant sur treize, reçoit un jour en héritage L’imitation de Jésus Christ, qu’il lira et relira. Il entre au séminaire grâce à l’aide financière de son curé et du conte Morlani. Il remplit de nombreux cahiers de réflexions, des plus originales, sur son rapport avec Dieu et sur sa soif de sainteté, passe deux ans à Rome, traverse la tempête du modernisme et a besoin d’une dispense pour être ordonné prêtre à 23 ans.
Quand la Première Guerre mondiale éclate, il devient lieutenant-aumônier. En 1918, il fonde et dirige une maison pour étudiants et s’occupe de jeunes soldats tuberculeux. Il devient directeur spirituel du Séminaire puis, à 40 ans, est appelé à Rome pour présider le Conseil de l’oeuvre de la propagation de la foi. Il dira d’elle qu’elle est la respiration de son âme et de sa vie.
En 1945, il est appelé comme nonce à Paris, remplaçant celui qu’on avait trouvé trop proche de Vichy. Ses débuts diplomatiques ne sont pas faciles. Se sentant proche des pauvres, il visite ceux des banlieues, des campements nomades, les bouquinistes de la Seine, les camps de prisonniers de Coudray près de Chartres, où il collabore avec le prêtre allemand Franz Stock. Le problème des prêtres ouvriers, que Rome considère avec suspicion, le préoccupe... Il correspond avec Teilhard de Chardin, Marie-Dominique Chenu, Yves Con gar, Henri de Lubac.
Il quittera avec tristesse Paris pour devenir patriarche de Venise, avant que le conclave d’octobre 1958 ne fasse de lui un pape : Jean XXIII. Quelqu’un dira qu’il n’a jamais eu peur de descendre dans la fournaise de l’histoire et qu’il fut un grand réformateur éclairé.

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